Plein feu sur le saumon de l’Atlantique
Par où commencer? Il y a tant à dire sur le saumon atlantique (Salmo salar) et sur les techniques de pêche dans les rivières où il revient frayer. Le mot saumon rime avec émotions, et pour cause. Une journée de pêche au saumon, c’est un moment de pur bonheur face aux eaux turquoise. C’est aussi la fierté de lancer une mouche montée avec patience durant l’hiver, déposée avec précision devant un saumon preneur. S’engage alors un combat dont l’issue demeure incertaine. Le Salmo salar est un adversaire de taille, qu’il faut apprendre à connaître pour mieux apprécier chaque rencontre.
Le saumon atlantique vit en eau salée, mais se reproduit en eau douce. Entre juin et septembre, les adultes remontent leur rivière natale pour frayer à l’automne, généralement en octobre et en novembre. La femelle creuse des nids dans le gravier, où elle pond entre 2 000 et 10 000 œufs, aussitôt fécondés par le mâle. Les œufs éclosent au printemps suivant. Les alevins demeurent d’abord à l’abri dans le gravier, nourris par leur sac vitellin, puis gagnent les rives où le courant est plus faible.
Ils se nourrissent d’abord de microorganismes, puis de larves d’insectes aquatiques, et deviennent ensuite des tacons. Le tacon ressemble à l’omble de fontaine (Salvelinus fontinalis). Il établit un territoire qu’il défend et peut atteindre plus de 10 cm.
Avec le temps, son corps s’allonge et sa coloration devient argentée. Il demeure en rivière de 2 à 4 ans. Avant son départ, il mémorise l’odeur de sa rivière natale et amorce sa migration vers l’océan Atlantique. Le saumoneau y vivra de 1 à 4 ans avant de revenir, entre juin et septembre, à son lieu d’origine. Sur les milliers d’œufs pondus, seulement quelques saumons adultes reviendront frayer.
Dans la rivière, les saumons adultes séjournent dans des fosses où ils trouvent eau fraîche et abri, tout en limitant leurs dépenses d’énergie. Après le frai, ils demeurent généralement en eau douce jusqu’au printemps suivant. Contrairement aux saumons du Pacifique, ils ne meurent pas après la reproduction.
Il est possible de distinguer les différentes formes. Le tacon ne présente pas de marques sur la nageoire dorsale, sa queue est nettement fourchue, et des taches noires apparaissent sur les opercules. L’omble de fontaine possède une nageoire dorsale marbrée, une queue presque droite et des lignes blanches sur les nageoires pectorales. Le saumoneau, quant à lui, se distingue par sa coloration argentée et sa queue fourchue.
Enfin, l’enregistrement des saumons capturés à la pêche sportive est obligatoire. Les données de poids et de longueur sont recueillies par les associations locales, puis transmises aux autorités gouvernementales pour analyse. En Amérique du Nord, une seule espèce de saumon vit dans l’Atlantique, contre cinq dans le Pacifique.
Bonne saison de pêche à tous les amateurs!