Paolo

L’industrie du tourisme dont profite la municipalité de St-Jean-Port-Joli représente historiquement une économie importante pour la région. Mais un détail auquel on pense moins est le fait qu’elle attire des gens qui, venus d’abord comme touristes, se laissent séduire par la beauté et la fierté des lieux.

C’est le cas de Paolo Pipia, fondateur et président des Serres de Paolo, qui, à la suite d’un séjour coup de cœur dans un gîte touristique d’ici, décida d’acheter cette entreprise, que la vie et ses synchronicités avaient mise en vente peu de temps après.

C’est ainsi que ce jeune retraité de l’armée, basé auparavant à Valcartier, entama une nouvelle étape de sa vie. En plus de son admiration pour la région et de son plaisir palpable de partager avec les gens, il amena de sa fin de carrière militaire une passion pour les plantes carnivores.

En effet, pouvant faire du bénévolat pendant plusieurs mois dans la communauté avant de quitter complètement son métier, M. Pipia choisit alors d’aller dans un centre jardin où il découvrit un réel intérêt pour ces plantes fascinantes, un vieux rêve d’enfant. Il remarqua aussi qu’elles étaient difficiles à trouver pour le public.

Il commença donc une collection, explorant tranquillement la culture de ces plantes peu connues, avec une joie qu’il transporta jusqu’à St-Jean-Port-Joli, dans un coin de sa maison. Quelques années plus tard, il délaissa le métier d’hôte pour laisser toute la place à cette passion en fondant une véritable entreprise qui prospère aujourd’hui et ne cesse de grandir.

Comme bien d’autres, cet homme né à Montréal, dont les parents sont siciliens, a été charmé par l’entraide et la gentillesse des gens en région, par les artisans et par ce qu’il appelle avec humour les « super crèmeries, super pizzerias et super commerces », authentiques et originaux, recherchés de partout mais bien de chez nous. Sans oublier l’élément le plus reconnu de ce coin de pays : le fleuve.

Il affirme avoir été bien soutenu par la ville dans le cadre de ses entreprises, qu’il décrit comme accueillante et ouverte aux idées. C’est une bonne nouvelle, puisqu’en plus d’être maintenant fournisseur pour six autres provinces canadiennes, de donner du travail à six personnes et de faire la fierté de St-Jean-Port-Joli en ayant été choisi pour créer une exposition de plantes carnivores au Jardin botanique d’Edmundston, une nouvelle étape verra bientôt le jour.

En effet, il souhaite élargir l’offre touristique de la région avec un projet de jardin-tourbière extérieur. Une offre originale qui, devant l’intérêt que suscitent ses plantes, pourrait devenir un nouvel attrait pour les visiteurs.

Je n’ai pas réussi à lui faire nommer de véritable faiblesse concernant la région. Même s’il n’est ici que depuis six ans, il s’y est facilement trouvé une place. Il ne semble pas non plus vouloir quitter la région ni déplacer son entreprise, même si cela pourrait parfois être plus efficace ailleurs.

Selon lui, les racines des Serres sont ici et y resteront.

M. Pipia décrit sa réalisation comme sa thérapie, sa passion et sa façon de rendre les gens heureux. Il le constate d’ailleurs lors des événements qu’il organise, en voyant les sourires des visiteurs.

Son objectif était de démocratiser ce produit autrefois très niché, ce qu’il a réussi en implantant un laboratoire en plus de sa serre de production, après avoir fait venir des semences de partout dans le monde.

Aujourd’hui, il souhaite aussi contribuer au développement touristique de la région, qu’il considère comme un point de passage stratégique entre l’Est et l’Ouest du pays.

D’ailleurs, certains clients n’hésitent pas à venir de Vancouver pour découvrir ses plantes!

On peut dire que la retraite n’a rien d’ennuyant pour cet homme d’action… et que St-Jean-Port-Joli a la chance de compter sur lui.

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