Mille feuilles - Des récits, des essais
Par Rachel Grou
/ Inspiration du film La promesse d’Irena, Mémoires d’une juste (2002) d’Irene Opdyke retrace le parcours d’une jeune infirmière catholique qui, dans la Pologne occupée par les nazis, prend d’incroyables risques en cachant et aidant des Juifs à échapper au destin fatal qui leur est destiné. Derrière le mur de barbelés, on avait rassemblé des centaines de personnes immobiles, toutes marquées au cœur de l’étoile jaune des Juifs.
La mémoire délavée (2023) de Natacha Appanah. D’ascendance indienne, l’auteure a grandi à l’île Maurice où ses aïeux se sont installés en fin du XIXe siècle. Dans un récit très poétique, elle leur rend hommage, en particulier à son grand-père, figure marquante de cette famille. Ton grand-père a eu le courage de faire ce que d’autres avant lui ont tant rêvé de faire (…) Une histoire familiale tout en retenue qui embrasse également celle de ces coolies venus de loin dans l’espoir d’une vie meilleure.
Le destin c’est les autres (2023) de Claudine Bourbonnais. En trois récits qui ont un lien, l’auteure évoque ses études en Angleterre. Pour cent trente livres par mois, je louais un petit deux-pièces meublé, une chambre avec lavabo et un minuscule salon. Des amitiés se tissent, des collaborations pour mener à bien ses études du monde arabe. Un séjour au Caire lui offre également une intéressante expérience sur le terrain. Bien des années plus tard, des événements dramatiques l’amèneront à reprendre contact avec les amis perdus de vue. *
Les filles de Jeanne (2024) d’Andrée Lévesque. Une fresque historique au sujet de vies anonymes élaborée à partir d’archives, actes de naissance, de mariage, contrats notariés, etc. On suit une lignée matrilinéaire de 1658 à 1915. Un survol de ces cohortes permet de dégager des constantes et des ruptures dans des existences qui, à première vue, paraissent uniformes, pour ne pas dire passives. On ne peut qu’être impressionné par la volumineuse bibliographie qui fut nécessaire à la réalisation de l’ouvrage. *
Le labyrinthe des égarés (2023) d’Amin Maalouf. Dans cet essai dont le sous-titre est L’Occident et ses adversaires l’auteur fait le portrait de quatre puissances, soit le Japon, la Chine, la Russie et les États-Unis afin de nous éclairer sur la géopolitique actuelle, les enjeux contemporains. Il garde espoir en l’avenir. Il n’est pas trop tard. Nous avons parfaitement les moyens de sortir de ce «?labyrinthe?». Encore faut-il commencer par admettre que nous nous sommes égarés. De grandes leçons. *
Rue Duplessis, ma petite noirceur (2024) de Jean-Philippe Pleau. Le sociologue animateur à la radio raconte son parcours de transfuge de classe, lui qui vient d’un milieu où la valorisation des études était absente. C’est cruel, j’en conviens : j’ai souvent dit à mes parents que j’ai détesté mon enfance. Ces parents qui ont été aimants à leur façon sont les protagonistes de ce récit émouvant de la part d’un homme souvent, comme il dit, assis entre deux chaises. *
*bibliothèque Charles-E.-Harpe, collection locale