Encore les relations humaines

On parle beaucoup de solitude. J’ai demandé à des gens autour de moi, dont des personnes âgées avec qui je travaille, si les relations humaines étaient plus faciles avant. En général, ils me disent oui. Ce n’est certainement pas un sondage très scientifique. Mais ce que j’observe autour de moi concernant la société m’interroge. Je me dis qu’il doit y avoir des vagues dans l’histoire, des moments où les liens entre humains semblent plus légers, plus simples, et d’autres moins.
Ainsi, selon mes conclusions non-rigoureuses, côté relations humaines, serions-nous possiblement dans un creux de vague. Le nombre de vœux de bonne année que l’on a entendus à gauche et à droite, dans les médias, qui faisaient référence à la tolérance, la gentillesse, le partage et les rencontres, et autres, c’est un peu dire, comme moi, qu’il manque un peu de ce qui fait les échanges d’humanité beaux. Et pourtant les gens n’ont pas changé. L’humain reste humain. Je crois en lui. Alors j’aime croire que ce sont les structures qui nous entourent qui tendent à nous éloigner. Je n’élaborerai pas - il y a une thèse de doctorat à écrire là-dessus, et d’ailleurs des recherches se font régulièrement sur le sujet tant il est important - mais je peux rapidement nommer, comme beaucoup le font, les écrans qui nous laissent beaucoup trop solitaires chacun de notre côté. Je pourrais ajouter les peurs toujours grandissantes qui amènent une prudence qui tend, peut-être, à nous limiter. Et vous avez sûrement beaucoup d’idées de peurs et de structures qui nous éloignent les uns des autres à ajouter.
Un élément isolé n’est pas bien méchant mais lorsqu’ils s’accumulent, à la longue, des effets apparaissent. Se pourrait-il que nos relations humaines souffrent de tous ces effets cumulés depuis déjà longtemps? Qu’au lieu d’aller danser, chanter ou même partager des repas dans nos maisons ou ailleurs, on se braque plus souvent devant nos écrans, qui elles nous retranscrivent une situation toujours plus sombre, pour nous laisser des peurs et des émotions nourries de virtuel et finir par forger des êtres moins bien avec le réel et ses difficultés, qui, lui, demande adaptation et souplesse? Et qu’au bout du compte, les occasions de partage, je veux dire celles qui nous rapprochent vraiment et qui nous ouvrent le cœur, soient plus difficiles à trouver ?
Alors merci et merci encore aux initiatives de Café Culturel qui apparaissent un peu partout et qui répondent à un besoin tellement grand de partage et de rencontres, ou aux soirées qui font danser les gens ensemble (oui, oui, où on se touche !), comme les soirées trads qui se déploient dans la région. Inventons-en encore et encore de ces moments qui nous unissent ailleurs que dans le small-talk… Et dorlotons nos relations humaines, c’est aussi et surtout ça, la santé.
Sous le nid d’un ciel étoilé
Se sont posées nos idées
Nos rêves et nos envolées
Frontière fragile vers l’exil
De la tristesse qui blesse
Les douces tendresses
Forcés de constater
Le vilain dessein tricoté
De la réalité aux allures d’été
Qui endurcit le sourire
Construit du gris de la nuit
Poussière d’été
Repoussée vers l’orée
Du grand pré
De nos souvenirs.