CATHERINE

La prochaine personne que je désire vous présenter est la remarquable propriétaire de la ferme Des Pensées Sauvages, de St-Aubert. Cette femme souriante et généreuse offre aux gens de la région, avec son conjoint, des légumes biologiques depuis 2008.

Le jeune couple rempli de rêves avait acheté cette terre, nantie d’une vieille maison à refaire, correspondant parfaitement à leur vision d’auto-suffisance et de vie à la campagne, où ils aspiraient à élever le bébé qui venait de naître. Avec l’aide d’incitatifs de la MRC, de la Caisse Populaire et d’un programme gouvernemental, ils ont entrepris, tout en travaillant à l’extérieur dans les premiers temps, de développer ce qui deviendrait une ferme maraîchère rassemblant une belle gang de croqueurs de santé, comme Catherine appelle ses clients. Après avoir sondé la population auprès d’un petit marché local, ils se lancent comme fermier de famille, où l’âge d’or aura donné jusqu’à 225 paniers hebdomadaires, en plus d’une participation à une Coopérative de vente en gros et aux restaurants.

C’est beaucoup sur les épaules de deux seules personnes. Ce sont des entreprises fragiles et difficiles à porter pour toutes sortes de raisons, qui font que dû à différents imprévus, dont des catastrophes naturelles, une fatigue accumulée et un important problème de santé, la ferme n’a eu d’autre choix que de ralentir la cadence. Ce dernier écueil aura transformé la conception de la vie de cette femme, la ramenant dans la sagesse de l’instant présent, où le couple a baissé ses attentes et donné du temps aux autres rêves, dont celui de voyager davantage, comme ces quelques mois en pack-sac et école-maison avec leurs jeunes enfants. Lâcher-prise en augmentant la confiance lui aura permis de poursuivre la ferme malgré tout.

Par contre, leur entreprise et leurs différents emplois à l’extérieur leur ont ouvert les portes d’une riche communauté de gens extraordinaires, vieux acteurs de l’agriculture biologique de la région ou artisans remplis de connaissances, de ce savoir-faire ancestral qui tend à se perdre. Catherine parle avec affection de ces vieux hippies du coin, de ces vétérans connectés au terroir, de qui ils ont tant appris, et de qui ils ont eu un soutien indéfectible. Ainsi, malgré qu’ils ne venaient pas du coin, ils ont toujours été bien entourés, ajoutant à cela les Woofers venant du monde entier qu’ils accueillent année après année, ou par l’expérience de recevoir des jeunes du défunt organisme Jeunesse Canada Monde. Même si s’intégrer reste un processus, et trouver sa place dans un réseau agricole déjà bien implanté ici fut un défi, Catherine parle des gens du coin comme étant accueillants et gentils, où Dave, l’autre agriculteur de l’histoire, est désormais impliqué dans plusieurs comités.

La passion de mille et une chose reste dans les yeux de cette agricultrice, qui est aussi ébéniste, artisane de vannerie, qui travaille avec les artistes au HUB créatif et touche prochainement à la transmission, au mitan de sa vie, où on est venu la chercher pour un projet éducatif dans les écoles. Dave dit de Catherine que c’est une « expérientielle », se nourrissant à essayer continuellement de nouvelles choses. Ces gens profondément communautaires rêvent d’un éco-hameau sur leur terre, d’une coopérative avec la ferme où ils ne seraient plus seuls à nourrir une centaine de familles. Mais les règlements et les lois bloquent l’accès à des projets hors-normes, ou alourdissent des processus déjà laborieux pour mettre en place ces projets porteurs d’un futur plus viable. Aussi, les artisans de cette ferme ne cessent d’innover afin de trouver des solutions à une réalité toujours plus difficile. Des cartes pré-payées jusqu’au comptoir libre-service qu’ils aspirent à mettre en place, toutes les façons sont bonnes pour assurer une sécurité alimentaire aux gens de la région. Pendant ce temps, Saint-Aubert et les environs ont accès à des gens de grandes qualités auxquels deux filles, maintenant grandes, se sont ajoutées; des gens qui n’hésitent pas sur les contacts humains riches et profonds, ainsi que de mettre le bien-être collectif de l’avant.

Remerciements bien bas d’une chanceuse croqueuse de santé!!

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