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Chronique de l'étranger
par Journal L'Attisée le 2026-01-12

Par Isabelle Paradis

Lorsque je suis arrivée dans la région, un de mes premiers constats fut de réaliser que les gens venaient très souvent de l’extérieur, comme moi, habitant la région depuis plus ou moins de temps. Je comprenais que cette région que j’avais choisie était une courtepointe magnifique et très élaborée de toutes sortes de forces, de différences et d’histoire, alliant des gens d’ici et d’ailleurs. Forcément, cette quantité d’étrangers arrivés au fil des années aura transformé et coloré ce coin de pays.

Avec cette chronique, je choisis d’aller à la recherche de ces gens de l’extérieur de la région, ayant choisi Saint-Jean-Port-Joli comme nouveau port d’attache, pour nous ouvrir une porte sur leur histoire, leur relation avec leur communauté d’adoption ou la vision qu’ils ont d’elle… Mais cette chronique est surtout un prétexte pour parler des gens d’ici, de nous. Nous sommes beaux, et c’est cette grandeur individuelle qui fait une communauté forte et fière, riche du passé et du présent. Apprenons à la reconnaître et l’apprécier.

Guy

Parler de monsieur Guy Drouin comme citoyen de Saint-Jean-Port-Joli, c’est un peu parler de la CDC ICI Montmagny–L’Islet. En effet, quinze ans à développer cet organisme d’intégration de la participation citoyenne au développement socioéconomique de la communauté, l’ayant élevé au rang des plus importants au Québec, il a ainsi contribué de façon exceptionnelle au développement communautaire de la région. Ce qui en fait un personnage connu et respecté.

Cependant, son chemin est beaucoup plus vaste que ce travail qu’il décrit encore avec passion, à l’aube de ses 70 ans. C’est le rêve d’un jeune couple de Montréalais qui les aura amenés ici, lui et sa conjointe, il y a plus de trente ans, pour démarrer un gîte dans une des belles d’autrefois. Bien vite, l’esprit d’entrepreneuriat de cet homme l’aura tourné vers d’autres projets, qui doucement l’ont entraîné au cœur même de la vie communautaire et culturelle de la ville.

Ainsi, de fortes expériences dans des conseils d’administration et un rôle de conseiller à la ville lui ont donné une vision riche et étendue de cette municipalité de la Côte-du-Sud. Écouter cet homme parler de Saint-Jean-Port-Joli est vraiment motivant. Optimiste et visionnaire, il croit profondément aux forces de cette municipalité et de ses citoyens. Il n’a que de bons mots pour elle, la décrivant comme diversifiée, riche de communautaire et de culture, mais possédant également de grandes entreprises privées.

Il explique que l’imbrication public-privé y est facile : « Les gens sont habitués de ne pas être d’accord, mais lorsqu’il est temps de travailler, ils travaillent ensemble. » À travers son rôle à la CDC, il a pu constater la grande générosité et l’implication des entreprises d’ici. De par son vécu, il a compris que ce n’est pas le cas partout.

Il parle aussi avec admiration du conseil municipal qui, selon lui, « donne les outils aux organismes » afin que ceux-ci, étant les mieux placés pour savoir, puissent se développer selon les besoins. Cette façon de faire aurait permis, au bout du compte, d’accroître le leadership dans la région.

Monsieur Drouin déconstruit également le mythe du cadenas dont Saint-Jean-Port-Joli est parfois auréolée. Arrivé de l’extérieur, il a rapidement été recruté pour faire partie du conseil d’administration du bureau d’information touristique nouvellement constitué. Bien que la nouveauté puisse déranger certaines personnes, il explique qu’au contraire, on l’a voulu pour sa vision extérieure, démontrant ainsi l’ouverture du milieu.

Dès l’année suivante, il se sentait pleinement intégré, fraternise encore aujourd’hui avec les gens avec qui il a commencé sa vie citoyenne ici, il y a trente ans. Riche de toutes les rencontres et des liens développés avec les personnes clés de la région lors de ses nombreuses implications, en plus d’avoir été directeur de campagne électorale de certains décideurs locaux, Guy dit faire la guerre à la pauvreté, se sentant utile dans ce rôle d’entremetteur entre contacts, fonctionnaires et organismes.

Nous ne pouvons que le remercier de faire avancer la dignité humaine.



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